La peinture du dimanche #226: Antonín Slavíček

26 mars 2017 § Poster un commentaire

Antonín Slavíček, Le Soleil dans le bois (huile sur toile, 90 x 115 cm, 1898).

La peinture du dimanche #225 : Muriel Rodolosse

19 mars 2017 § Poster un commentaire

Muriel Rodolosse, On the Ruins of the Pizzeria (peinture sous Plexiglas, 520 x 700 cm, 2014).

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Le mur du (vieux) çon #12 : Portrait(s) de l’inventeur en artiste

15 mars 2017 § Poster un commentaire

(La chronique ci-dessous a paru dans le numéro 87 janvier-février 2017 de la revue Mouvement).

On le savait depuis sa remarquable biographie de Thelonious Monk, publiée il y a 20 ans : Laurent de Wilde n’est pas seulement l’un des plus passionnants pianistes de jazz de l’Hexagone, c’est aussi un virtuose de l’écriture. Les Fous du son montre aujourd’hui que ce normalien n’est pas simplement un brillant styliste – au style à la fois familier et raffiné, prodigue en aphorismes comme en ruptures de rythme –, mais aussi un érudit d’autant plus passionnant qu’il a le savoir contagieux. Ce pavé de près de 600 pages le révèle en musicien autant qu’en physicien, en organologue patenté autant qu’en conteur inspiré.

Son propos ? Raconter rien moins que la genèse de notre modernité musicale, celle des synthétiseurs et autres claviers électriques, à travers les vies – souvent peu ordinaires – de leurs créateurs. Livrer un chant d’amour (forcément) vibrant au clavier sous toutes ses formes et aux sortilèges du son, « cette pâte magique qui ne demande qu’à prendre la forme qu’on veut lui donner ». Mais surtout à ces savants un peu fous qui, portés par une insatiable curiosité, une intuition quasi innée des possibilités de la physique, et un amour souvent immodéré de la musique, permirent à cette dernière d’entrer dans l’avenir, depuis l’extraordinaire collision entre le son, la musique et lélectricité que Thomas Edison et Thaddeus Cahill organisèrent à tour de rôle dès la fin du XIXe siècle. C’est que, écrit-il, « contrairement à la découverte, l’invention doit servir, elle doit être enracinée dans un quotidien concret dans lequel elle se glisse pour procurer agrément ou plaisir []. L’inventeur n’est pas là pour tout chambouler, mais au contraire pour nous rendre le présent plus léger, plus disponible. »

Au fil des pages se déploie ainsi, derrière une succession de machines aux noms souvent farfelus, une fabuleuse théorie de destins d’hommes plus ou moins physiciens, plus ou moins musiciens, créateurs ou – tels Maurice Martenot ou Harold Burroughs Rhodes – pédagogues, généralement mauvais businessmen, mais toujours extraordinairement attachants. Laurent de Wilde en brosse un portrait des plus vivants, qui ne se prive jamais pour autant d’entrer dans le détail des manipulations et des expériences qui présidèrent à leurs découvertes. De fait, on engrange une foule de connaissances au fil de ces pages qui se dévorent comme un polar, de la plus fondamentale à la plus anecdotique.

Dans ce dernier registre, on apprend par exemple que c’est à Max Mathews (inventeur de la numérisation) que rend hommage le logiciel Max MSP, développé à l’Ircam. Ou encore que l’Orb, avant d’être le nom d’un groupe phare de la musique ambient, fut celui d’un système de canne électronique conçu par Don Buchla – l’inventeur du premier synthétiseur modulaire – à destination des aveugles, permettant d’identifier la présence d’objets en trois dimensions en leur associant un son particulier.

On découvre des vies qui sont autant de romans – celles de Lev Sergueïevitch Termen (Léon Theremin), de Raymond Scott ou de Torakusu Yamaha, par exemple –, on apprend l’existence de quasi anonymes (le Canadien Hugh Le Caine, père de l’oscillateur), quand il ne s’agit pas d’acronymes (Alan Robert Pearlman, alias ARP). On réalise que souvent, de part et d’autre du globe ou tout simplement des États-Unis, des hommes parvenaient sans le savoir, au même moment, quoique par des moyens parfois opposés, à des découvertes identiques. On s’émeut par exemple de l’admiration réciproque qui lia Robert Moog et Don Buchla – « ce sont leurs fidèles respectifs qui inventeront une rivalité là où il n’y avait que deux directions parallèles s’enrichissant l’une l’autre – mais c’est souvent comme ça, en art comme en toute chose publique, où il est fondamental de se créer des ennemis pour exister soi-même. »

On suit Laurent de Wilde jusque dans ses savoureuses digressions sur la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi ou sur la manière aberrante dont est aujourd’hui enseignée la musique – « l’enseignement du piano est donc allé avec la multiplication des conservatoires vers le rendement maximum et le questionnement minimum, formant des générations de plus en plus obsédées par le respect de la partition, sorte de radeau intangible dans la mer des possibles. [] Qui a dit que les notes doivent être toutes respectées ? » Et on lui sait gré de nous rappeler cette évidence, trop souvent négligée : au moins autant que la culture artistique ou historique, la culture scientifique est un bagage indispensable à l’honnête homme moderne.

David Sanson

> Laurent De Wilde, Les Fous du son, éditions Grasset, 560 p.

 

La peinture du dimanche #224 : George Inness

12 mars 2017 § Poster un commentaire

George Inness, Lever de soleil dans les bois (huile sur toile, 50.8 × 76.2 cm, 1887).


(Bien difficile d’isoler un seul tableau dans l’oeuvre profuse de ce très grand paysagiste américain qui séjourna longtemps à Rome, membre de la décidément inépuisable Hudson River School…)

La peinture du dimanche #223 : Lavinia Fontana

5 mars 2017 § Poster un commentaire

Lavinia Fontana, Portrait de Bianca degli Utili Maselli et de six de ses enfants (huile sur toile, 99 x 133,5 cm, v. 1604-05).

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Artistes 2.0

2 mars 2017 § Poster un commentaire

couv-revue-des-2-mondes(L’article ci-dessous a paru dans le numéro de janvier 2013 de la Revue des deux mondes, dans le cadre d’un dossier intitulé « La vie numérique ».)

En 2008, prenant appui sur ce qu’André Malraux appelait, dans Les Voix du silence, l’« art d’assouvissement » (« Ce qui naît là où les valeurs meurent, et qui ne les remplace pas… »), le cinéaste Chris Marker prophétisait, dans l’un de ses très rares entretiens : « La difficulté des temps est qu’avant d’apporter des idées nouvelles il faudrait détruire tous les simulacres que le siècle, et son instrument favori, la TV, génèrent à la place de ce qui a disparu. C’est pourquoi je suis passionné par toute cette nouvelle grille d’informations, Internet, blogs, etc. Avec ses inévitables scories. Mais une nouvelle culture naîtra de là. » (1) Disparu le 29 juillet dernier, le jour de ses 91 ans, Chris Marker, l’une des figures artistiques majeures de ces soixante dernières années, avait trouvé dans la technologie numérique la source d’une nouvelle jeunesse : grâce à Second Life, il pouvait faire fructifier cet art de l’absence qu’il n’avait cessé de cultiver depuis ses débuts sous pseudonyme ; sur YouTube, mettre en accès libre des films que la démocratisation des moyens de production lui permettait de tourner tout seul, « sans aucun appui ni intervention extérieurs »…

On peut ne pas partager cet enthousiasme. Force est de reconnaître, en vérité, que l’on n’a guère le choix ; qu’on le veuille ou non, la révolution numérique est en marche, inéluctable et, sans doute, brutale, dont la révolution industrielle du milieu du XIXe siècle risque fort de n’apparaître bientôt que comme une timide secousse avant-coureuse. Elle constitue, comme l’a rappelé Michel Serres, une mutation anthropologique majeure. Et l’on peut bien ne souscrire ni à sa vision d’un « optimisme de combat », ni à la croyance en un quelconque déterminisme technologique, se défier de l’angélisme autant que du cynisme : mieux vaut, bon an mal an, tâcher de s’en réjouir, et d’imaginer quelle « nouvelle culture » pourrait, un jour prochain, en sortir.

Initialement, le présent article devait porter exclusivement sur la musique. Il nous a ainsi paru plus intéressant de prendre appui sur celle-ci – certainement la forme artistique ayant été le plus précocement (et le plus violemment) exposée aux nouveaux paradigmes nés de l’avènement du numérique – pour évoquer quelques-uns des bouleversements qui sont en passe de s’opérer dans le champ de l’art et de la culture – en particulier dans le domaine du spectacle vivant –, au plan sociologique plutôt qu’esthétique. Des bouleversements qui, comme on va le voir, amènent à repenser de fond en comble les repères établis et les marqueurs traditionnels, remettant en question, et en jeu, à travers les nouvelles modalités de la création contemporaine, les sacro-saintes notions d’« œuvre », d’« auteur », de « création ». Des bouleversements qui, pour peu que chacun y mette du sien, pourraient ainsi redonner toute sa noblesse, sa portée politique, au terme de « révolution ». « Lire la suite »

La peinture du dimanche #222 : Helene Schjerfbeck

26 février 2017 § Poster un commentaire

Helene Schjerfbeck, Portrait d’une jeune fille (huile sur toile, 1886).

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