La peinture du dimanche #195 : Lucien Lévy-Dhurmer

21 août 2016 § Poster un commentaire

lucien Lévy-DhurmerCalanque (six heures du soir) (huile sur toile, 1930-36).

+ Lucien Levy Dhurmer La Calanque six heures du soir

La peinture du dimanche #194 : Richard Diebenkorn

14 août 2016 § Poster un commentaire

richard Diebenkorn, Terrasse jaune (huile sur toile, 1961).

+ Richard Diebenkorn yellow-porch

Le mur du (vieux) çon #8 : Adieu l’enfer

10 août 2016 § Poster un commentaire

Mouvement 83(La chronique ci-dessous a paru dans une version légèrement raccourcie dans le numéro 83 mai-juin 2016 de la revue Mouvement.)

A la toute fin du premier opus de son duo Bruit Noir, Pascal Bouaziz, soldant ses compte avec un passé des plus sombres, adresse un adieu définitif à son enfance, à l’enfant meurtri qu’il est trop longtemps demeuré. Une expérience limite qui prouve qu’un album est fait pour être écouté jusqu’au bout.

C’est une chanson. Intitulée Adieu, elle figure sur I/III, premier album de Bruit Noir, publié en novembre dernier par le label nancéien Ici d’Ailleurs. Bruit Noir, c’est le duo de choc récemment formé par Pascal Bouaziz avec l’excellent Jean-Michel Pirès, ici responsable de l’intégralité de ces dix musiques. Depuis 20 ans, Pascal Bouaziz s’est imposé, aux commandes notamment du groupe Mendelson, comme l’un des plus remarquables auteurs et interprètes de chansons en français, au fil de textes au scalpel qui – conjugués à un impressionnant engagement musical et à un timbre à la fois traînant, charnu et tranchant – lui offrent d’inventer une forme singulière de parlé-chanté ; son champ d’action excède d’ailleurs largement le seul domaine musical, qui s’étend jusqu’au théâtre (le metteur Julien Gosselin a, au sortir de ses Particules élémentaires, travaillé sur l’un de ses textes) et à la poésie (1). Pascal Bouaziz signe l’intégralité des paroles de cet album qui débute par un brutal Requiem adressé à lui-même – « Un requiem comme [Pascal Bouaziz] les aime / comme il les aimait j’veux dire / Avec beaucoup de bruit… »
Des paroles qui prolongent et aiguisent une veine de « moraliste », d’impitoyable chroniqueur de l’infernale comédie de nos sociétés mourantes, qui faisait le sel de certains textes de Mendelson comme Monsieur ou Combs-la-Ville (« Tu n’as rien vu à Combs-la-Ville… » – sur I/III ce sont L’Usine, Joy Division, Low Cost, ou encore une ultrapuissante Manifestation, autant de textes dont la violence semble traduire la spirale d’agressivité dans laquelle s’enlisent lesdites sociétés mourantes). Qui prolongent également la veine autobiographique/autofictive de chansons telles que Crétin, non moins impitoyable exercice de détestation de soi, ou plutôt de mise à nu ultime. La prolongent, et surtout l’amplifient, comme dans Joy Division, saisissant aller-retour entre les souvenirs et le réel, dans lequel Pascal Bouaziz, pour la première fois, évoque dans un morceau les figures de Primo Levi, d’Imre Kertész, et ce spectre de la Shoah dont réchappa miraculeusement son grand-père. Ou encore comme, précisément, dans cet Adieu.

C’est une chanson, donc. Celle qui conclut/referme/clôture/dynamite ce premier opus de Bruit Noir. « Parce que c’est le dernier titre de l’album et que plus jamais personne ne va jusqu’à la fin des disques et que comme ça au moins une fois, cette chanson sera passée à la radio… », m’écrivait récemment Pascal Bouaziz, pour justifier son choix de ce morceau pour conclure la sélection musicale d’une émission de radio à laquelle je l’avais invité(2). C’était le 2 avril dernier, deux jours après la disparition d’Imre Kertész, l‘auteur de l’immortel Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas. Oui, pourquoi plus jamais personne ne va-t-il jusqu’à la fin des disques ?

Ce n’est qu’une chanson. De même que Purgatorio, le mémorable spectacle que Romeo Castellucci présenta en 2008 au Festival d’Avignon, n’est « qu’un » spectacle. C’est-à-dire justement beaucoup, infiniment plus que cela. Dans Adieu, porté par de lancinants drones de guitare saturée, par de martiaux martèlements de tambour, Pascal Bouaziz commence par évoquer une dernière fois son grand-père, son bras « sans tache / sans numéro / par chance / quelqu’un t’a caché / quelqu’un t’a sauvé / des gens, des gens… » Et puis tout bascule. Des meurtrissures indélébiles, que nul jamais n’est intervenu pour éviter. Porté par une voix dont de subtils effets de réverbération démultiplient implacablement la force, le texte déroule sa litanie jusqu’à la limite du supportable, l’insoutenable histoire d’un enfant qui, parfois, aurait préféré ne pas naître.
«
Purgatorio est donc plus qu’un spectacle, car c’est aussi pour le spectateur l’occasion d’une expérience à laquelle Romeo Castellucci donne beaucoup de prix : se retrouver, soudain, de l’autre côté du jeu du théâtre, dans l’envers de la représentation. Comme si chacun pouvait assister au spectacle projeté de sa propre vie, mais primitive, renvoyée aux premiers temps, ceux des origines et de la naissance. Cette lucidité tout à coup offerte, comme une expérience de retour à la vue au sein de la nature contemporaine, de retour à la sensation au milieu de la ville moderne, n’est-elle pas plus terrible encore ? », écrivait justement Antoine de Baecque au sujet de cette (follement et admirablement) libre adaptation de l’ouvrage de Dante.
C’est à la même chose qu’invite Pascal Bouaziz sur cet
Adieu, autre expérience de cet « autre côté », vibrant appel vers la lucidité, sinon vers la lumière. Pascal Bouaziz est bien vivant. Il n’a envie de se laisser détruire ni par un système, ni par un individu. Ni par notre présent, ni par son passé. « Adieu, petit garçon. On ne se retrouvera pas. [] Je te laisse tout seul maintenant, tout seul, prendre soin de toi. Adieu mon enfance. [] Adieu, je suis vivant, je pars maintenant. Je laisse tout éteint derrière moi. » Et l’auditeur, le ventre noué, les larmes aux yeux, de rester K.O. debout au terme de ce voyage au bout de l’enfer, au bout de l’enfance. Cet album qui débutait par un Requiem s’achève sur une renaissance. Pascal Bouaziz s’est purifié, il est sorti du purgatoire. Il suffit d’écouter le disque jusqu’au bout.

David Sanson

1. Il vient de publier aux éditions Le Mot et le Reste un recueil de « haïkus », Passages. Nous y reviendrons sur Mouvement.net en mai, au moment de la parution de l’album Haïkus, premier disque signé par Pascal Bouaziz sous son seul nom, et mise en musique de ces poèmes.
2. On peut réécouter cette émission, centrée autour de la question de la poésie et réalisée dans le cadre du projet « Radio » initié par Anne-James Chaton à la Fondation Louis Vuitton à Paris, sur cette page :
http://www.fondationlouisvuitton.fr/radio/archives-radio.html

La peinture du dimanche #193 : Norman Garstin

7 août 2016 § Poster un commentaire

norman Garstin, Meules de foin et soleil (huile sur bois, v. 1886).Haycocks and Sun circa 1886 Norman Garstin 1847-1926 Presented by the Contemporary Art Society 1980 http://www.tate.org.uk/art/work/T03163

La peinture du dimanche #192 : Carole Benzaken

2 août 2016 § Poster un commentaire

carole Benzaken, Zem 2 (acrylique sur toile, 2009).

+ Carole Benzaken

La peinture du dimanche #191 : John Ruskin

24 juillet 2016 § Poster un commentaire

john Ruskin, L’Etna vu de Taormina (aquarelle sur crayon rehaussé de blanc sur papier gris-bleu, 1874).

+ John Ruskin

La peinture du dimanche #190 : Farah Atassi

17 juillet 2016 § Poster un commentaire

farah Atassi, Building the City III (huile et glycérol sur toile, 2013).

+ Farah Atassi Building the city

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