La peinture du dimanche #183 : Antonio Seguí

29 mai 2016 § Poster un commentaire

Antonio Seguí, Tôt le matin (acrylique sur toile, 2014).

+ Antonio Segui 2014

La peinture du dimanche #182 : Willard Metcalf

22 mai 2016 § Poster un commentaire

willard Leroy Metcalf, Nuit de mai (huile sur toile, 1907).

+ Willard_Metcalf_Nuit de mai

Trop tard

19 mai 2016 § Poster un commentaire

Avant-hier, celui qui déclarait (paraphrasant Musset) être « né trop jeune dans un monde trop vieux » aurait eu 150 ans.

La peinture du dimanche #181 : Monsù Desiderio

15 mai 2016 § Poster un commentaire

monsù Desiderio, Suzanne et les vieillards (huile sur toile, non daté, début du XVIe siècle).

+ Monsu Desiderio 02
(Monsù Desiderio est un pseudonyme pour les peintres François de Nomé et Didier Barra, nés à à Metz à la fin du XVIe siècle et installés à Naples pendant la première moitié du XVIIe siècle.)

Le mur du (vieux) çon #7 : La loi de Murphy

10 mai 2016 § Poster un commentaire

Mvt 82(La chronique ci-dessous a paru dans le numéro 82 mars-avril 2016 de la revue Mouvement.)

Après dix ans d’une carrière exemplaire puis cinq ans de silence, LCD Soundsystem, groupe new-yorkais né du cerveau bouillonnant de James Murphy, annonce son retour. Vers le futur ?

Confirmé le 5 janvier par une longue et touchante lettre ouverte publiée par James Murphy sur le site officiel de son groupe, le retour aux affaires des New-Yorkais de LCD Soundsystem a été, sur la scène rock, l’une des rares nouvelles capables d’égayer un début d’année singulièrement obscurci par l’incroyable disparition de David « superblackstar » Bowie. (Incroyable, parce que j’ai personnellement toujours du mal à y croire, à me rendre à cette évidence ; incroyable, parce que cette mort est aussi venue montrer combien David Bowie, cas unique parmi les musiciens de rock, avait réussi jusqu’au bout à ne pas laisser sa propre mythologie lui échapper pour devenir la proie des nécrologues patentés et autres story-tellers professionnels.) Pour être regrettable, une telle concomitance est également troublante, entre la disparition définitive du phénix de la pop music, celui qui le premier sut inoculer à celle-ci le sens de l’histoire, et la résurrection d’une formation dont le cerveau – l’un des plus acteurs les plus aguerris et l’un des exégètes les plus avertis de la pop culture contemporaine, sorte de Brian Eno 2.0 version middle-class, que l’on retrouve d’ailleurs au générique du dernier Bowie – n’a justement cessé, dès le début, de thématiser joyeusement ce hiatus fondateur : être venu trop tard dans un monde trop vieux.

James Murphy a 31 ans lorsqu’il publie sur son label DFA, en 2001, le morceau Losing My Edge, acte de naissance officiel de LCD Soundsystem. 31 ans, et déjà près de vingt passés à engranger un bagage technique et musical peu commun (en tant que multi-instrumentiste dans divers groupes d’obédiences variées, ingénieur du son ou DJ). « Single » de près de huit minutes, Losing My Edge sonne comme une profession de foi : sur un groove irrésistible piqué à Killing Joke, la confession d’un vieux hipster blasé, antienne entêtante sur le mode du « c’était mieux avant ».

Si le rock, c’est avant tout un moment – celui où, ainsi que l’a si parfaitement défini Philippe Lançon, « les souvenirs sont devant soi » (1) –, James Murphy savait bien la vanité, voire l’absurdité qu’il pouvait y avoir à créer un groupe à cette époque, et à son âge. « Dans le domaine musical, cela demande tellement de travail de se tenir au courant, déclarait-il ainsi dans un passionnant entretien/blind-test accordé au site Pitchfork.com (2) en 2005, au moment de la parution du premier album de LCD Soundsystem. Pour un groupe, il est devenu vraiment difficile de posséder le sens de l’histoire. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Simplement, je sais pas, je crois qu’il y a une raison au fait que les bons groupes avaient 19 ou 20 ans dans les années 1970, et 17 ans en 1966. Maintenant, c’est très difficile. Quand ils sont jeunes, les nouveaux groupes ne sont plus aussi bons, ni aussi nouveaux. […] Je suis un artiste de 35 ans qui vient de sortir son premier album. Je me sens comme un grand-père. »

Et pourtant, Murphy aura réussi à mettre de côté sa connaissance encyclopédique de l’histoire de la pop – de la disco à la new-wave , de l’électro à la no-wave, du krautrock à la soul. Ou plutôt à la mettre à profit, avec une énergie tout adolescente, pour en distiller une fusion inédite, et diablement addictive. Vocaliste de premier ordre et expert ès dancefloors, il synthétise à travers sa musique ce que doit être le rock en 2016 : à la fois sexy et érudit (mais d’abord sexy), crétin et syncrétique, vain et absurde, parfait dosage d’érudition et de passion, de tripes et de mémoire. Conduisant sa carrière de main de maître, sans jamais se laisser aveugler par la médiasphère ou par les rêves d’éternelle jeunesse, et conscient du fait que le pire ennemi du rock, c’est la durée, il choisit en 2011 de dissoudre LCD Soundsystem au terme d’un parcours sans faute – trois albums encensés par la critique et plébiscités par la plèbe, des concerts parmi les plus jouissifs et euphorisants qui soient (j’y étais).

On peut sans exagération affirmer qu’il y a un « avant » et un « après David Bowie ». James Murphy sait bien que malgré le degré de notoriété et de reconnaissance auquel il a atteint, il ne pourra jamais y avoir d’« avant » et d’« après LCD Soundsystem » ; qu’il ne lui reste plus, envers et avec tout, qu’à réécrire l’histoire. En décidant, au motif louable qu’il avait trop de nouvelles chansons en tête, de reformer son groupe après une carrière irréprochable, il prend le risque de tout perdre. Mais c’est tout à son honneur. Il montre que l’amour de l’art l’emporte sur la tentation du calcul, la sincérité sur la rouerie, que le présent peut encore appartenir aux « ancêtres ». Et érige en creux ce qui pourrait être une nouvelle loi de Murphy : le rock, c’est quand l’avenir est derrière soi.

David Sanson

1. Cité par Philippe Dumez dans l’excellent Basse fidélité, version revue et augmentée de son livre 39 ans 1/2 pour tous récemment éditée par Le Mot et le Reste.
2. Voir « 
Jukebox: James Murphy », entretien avec Nick Sylvester du 9 mai 2005, sur le site http://pitchfork.com

La peinture du dimanche #180 : Georgia O’Keeffe

8 mai 2016 § Poster un commentaire

georgia Totto O’Keeffe, Sky Above Clouds III (huile sur toile, 1963).

+ Georgia O'Keeffe Sky-above-clouds-iii

La vie rêvée

2 mai 2016 § Poster un commentaire

« J’ai souvent nourri le rêve insensé d’aller vivre dans les lieux que je voyais représentés sur des peintures, gravures et dessins de toute sorte, avec une préférence marquée pour les paysages simples, sans foisonnement, à la composition immédiatement perceptible. Un jour, dans un éclair de lucidité, je compris que j’établissais une correspondance entre la simplicité des formes et des couleurs reproduites et la vie que j’y mènerais, qui ne saurait être que simple et naïve elle aussi. C’est pourquoi j’éprouve tant de plaisir à contempler sans fin les couvercles des boîtes de fromage : un ciel bleu, franc et sans taches, le vert tendre d’un pré, un petit sentier gris, une maisonnette jaune et rouge, une vache marron à traire chaque soir… »

Extrait de la nouvelle La Vie rêvée, elle-même tirée du recueil Le Temps mort, tout premier livre de René Belletto, avec lequel il remporta en 1974 le Prix Jean Ray de littérature fantastique. J’adore les livres (édités chez P.O.L.) de cet écrivain profondément singulier, en lequel le styliste et le raconteur d’histoire font jeu égal avec un faible pour Créature (2000) et Hors la loi (2010).

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de mai, 2016 à "What you give is yours, what you retain is lost forever." (Armenian proverb).

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