La peinture du dimanche #166 : Gilles Aillaud

31 janvier 2016 § Poster un commentaire

gilles Aillaud, La Fosse (huile sur toile, 1967).

+ Gilles Aillaud La Fosse

Le mur du (vieux) çon #5 : La grâce d’Éliane Radigue

24 janvier 2016 § 2 Commentaires

Mouvement_80(La chronique ci-dessous a paru dans le numéro 80 novembre-décembre 2015 de la revue Mouvement.)

Créé le 26 septembre dernier par l’ONCEIM à Paris, Occam Océan, première pièce pour orchestre d’Eliane Radigue, s’impose d’emblée comme un mémorable chef-d’œuvre. Mariant son minimalisme incomparable à une maîtrise instrumentale d’une élégance presque classique, il marque une nouvelle étape dans le passionnant parcours de cette jeune musicienne de bientôt 84 ans.

« Historique ». Ce qualificatif, que l’on n’a finalement pas si souvent coutume d’utiliser, était pourtant l’un de ceux qui revenaient spontanément dans la bouche (béate) de ceux qui, sortant de l’église Saint-Merri, à Paris le 26 septembre dernier, venaient de faire la découverte du Occam Océan d’Éliane Radigue. L’ONCEIM (Orchestre de Nouvelles Créations, Expérimentations et Improvisation Musicales) de Frédéric Blondy, dans le cadre du festival CRAK dont ce dernier est l’instigateur (et la Muse en Circuit, le partenaire privilégié), y donnait la création de cette pièce, qui constitue la première réalisation pour orchestre de cette musicienne de bientôt 84 ans.

L’œuvre d’Éliane Radigue est un véritable « hapax musical », souligne le dossier de présentation du projet ; un corpus à nul autre comparable. Et les exécutions publiques de sa musique (qui, malgré les bruits parasites, restent le meilleur moyen d’appréhender celle-ci) sont autant d’extraordinaires « expériences du sonore », invitations à explorer « notre propre intimité perceptive ». Mais le parcours de cette compositrice sans partitions, adepte du partage via la transmission orale, n’est pas moins singulier. Ce cheminement, d’un romanesque aussi discret que l’est le culte fervent que lui voue une communauté de mélomanes de plus en plus fournie, est jalonné de rencontres et de disparitions ; s’y croisent les noms de Pierre Schaeffer et Pierre Henry, Arman et Yves Klein, La Monte Young, Robert Ashley et Morton Subotnik, mais aussi le bouddhisme et le synthétiseur ARP 2500, le Livre des morts tibétain et les échanges avec les jeunes musiciens… Depuis 2000 et la pièce L’Ile re-sonante (couronnée en 2006 au festival Ars Electronica), Éliane Radigue a délaissé le synthétiseur pour se vouer au travail avec des instrumentistes, auquel elle transmet les secrets d’une alchimie musicale qui séduit un cercle de plus en plus vaste d’adeptes, tout en restant ignorée des principales institutions musicales.

Ce soir-là, veille de messe, sous les voûtes séculaires d’une église pleine à craquer, 27 jeunes musiciens habités, serrés sur la scène comme sur une île miniature, sans complexes ni partition, ont fait résonner une musique bouleversante. Et naître le sentiment rare d’avoir non seulement partagé un instant précieux, mais surtout découvert une réalisation marquante de l’art musical. Occam Océan est une fascinante expérience de la durée, un pur moment de dilatation du temps (en l’occurrence, 50 minutes, mais cela peut varier) ; c’est aussi une composition orchestrale d’une richesse et d’une maîtrise confondantes, dont la densité de textures inédite, souligne Frédéric Blondy, fait le lien avec les pièces électroniques d’antan.

Musique de la stase, la musique d’Éliane Radigue est aussi une musique de l’extase, une musique de la grâce. La grâce, c’est le mouvement, a écrit Romain Gary, et en effet, la grâce d’Éliane Radigue tient précisément à la manière qu’a sa musique de suspendre le temps sans jamais interrompre son flux. Comme le sac et le ressac du souffle d’un yogi (elle est une pratiquante assidue, cela en dit long quant à la subtilité de sa propre « intimité perceptive »), comme les vagues d’une mer se déroulant inlassablement, cet art est un organisme en perpétuelle transformation.

Occam Océan commence par un long prélude qui comme souvent émerge lentement du silence, invite à clore les paupières. Les groupes d’instruments entrent peu à peu, l’un après l’autre (l’arrivée des cuivres est particulièrement émouvante), guidés par un chef d’orchestre dont le rôle est surtout de modeler cette matière, d’indiquer à discrétion les départs et les entrées, d’impulser les crescendos et decrescendos. Lentement, ce magma sonore bourdonnant, enveloppant, caressant, cette matière à la fois dense et impondérable converge vers la seconde partie de l’œuvre. Un « tutti » dans laquelle la pâte sonore s’épaissit, les masses sonores se démultiplient ; les vagues se font de plus en plus amples, vagues qui emportent tout sans jamais pourtant se déprendre de leur infinie douceur. Éliane Radigue n’est pas femme à céder aux effets faciles : ce climax orchestral dont on attend toujours qu’il se produise n’arrivera jamais, les instruments toujours finiront par retourner au silence.

En découvrant cette pièce à la facture inouïe, mais à la pureté presque classique, on se rappelle que dans un entretien avec Thibaut de Ruyter, Éliane Radigue citait l’Adagio assai du Concerto pour piano en sol majeur de Maurice Ravel comme l’une de ses œuvres préférées. De fait, c’est à Ravel, au moins autant qu’à ces grandes figures du minimalisme américain dont on la rapproche généralement, que font souvent songer la variété et la subtilité des alliages de timbre, la richesse des harmoniques et de tous les effets générés par l’infinie combinaison des instruments, qui projettent sur les vagues du son comme autant d’irisations kaléidoscopiques, impressionnistes. Mais aussi l’économie des moyens, la candeur et l’élégance, la pudeur et l’évidence de cette « écriture » qui n’en est pas une. Occam Océan est le fruit d’un travail peut-être organique, mais surtout patient – deux longues années passées à rencontrer d’abord individuellement chacun des musiciens de l’ONCEIM, pour s’immerger dans les sonorités de son instrument et les subtilités de son jeu, puis à faire travailler ces musiciens par groupes, avant les répétitions d’ensemble. « Géomètre du mystère » : le mot fameux de Roland-Manuel au sujet de Ravel vaut aussi pour Éliane Radigue, qui signe avec cette nouvelle étape du cycle Occam sa pièce la plus lyrique, la plus classique au sens noble du terme. Elle annonce des lendemains qui chantent, d’autres prochains moments de grâce.

David Sanson

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La peinture du dimanche #165 : Giovanni Paolo Panini

24 janvier 2016 § Poster un commentaire

giovanni Paolo PaniniGalerie de vues de la Rome antique (huile sur toile, v. 1754-57).

+ Giovanni Pannini 2

La peinture du dimanche #164 : Mikhaïl Nesterov

17 janvier 2016 § Poster un commentaire

Mikhaïl Vassilievitch Nesterov, La Vision du jeune Bartholomée (huile sur toile, 1889-90).

+ Mikhail_Nesterov_001

La peinture du dimanche #163 : David Hockney

10 janvier 2016 § Poster un commentaire

david Hockney, Winter Timbre (huile sur 15 toiles, 2009).

David Hockney Winter Timber, 2009 Oil on 15 canvases 274 x 609.6 cm Private Collection Copyright David Hockney Photo credit: Jonathan Wilkinson

La peinture du dimanche #162 : Marie-Guillemine Benoist

4 janvier 2016 § Poster un commentaire

marie-Guillemine Benoist, Portrait d’une négresse (huile sur toile, 1800).

Portrait d'une négresse


Je vous souhaite à tous une très bonne année 2016, placée sous le signe de l’amour, de la paix et de l’art.

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