« 7 », roman-fétiche

25 octobre 2015 § Poster un commentaire

Ces jours-ci, il est rare que j’écrive sur ce blog, a fortiori directement, « à chaud ». Il est plus rare encore que j’y écrive sur des livres. A fortiori s’il s’agit de livres récents – il se trouve que depuis quelque temps, hormis quelques auteurs que je suis et/ou que j’aime, je lis assez peu de littérature contemporaine (je n’en tire aucune gloire pour autant), et que je suis allergique à ce qu’on appelle, dans notre pays fatigant, la « rentrée littéraire ». Mais c’est aussi qu’il est peu commun que je ressente un tel enthousiasme au sortir d’une lecture, qu’un livre me remue autant que l’a fait 7, le nouveau « romans » avec un s de Tristan Garcia, dont je n’avais jamais lu les livres. Un roman(s) auquel m’avait conduit, comme naturellement, tout un faisceau d’influences (des affinités, voire des connaissances communes) et de signes, à commencer par ce chiffre, 7, qui est un peu pour moi un fétiche. Mais le propos n’est pas ici, surtout pas, de s’égarer dans l’autofiction.

7 Garcia OKSi l’on avait envie de se draper derrière le name-dropping, de se complaire dans les formules poncives et les rimes faciles, on présenterait 7 comme une entreprise perecquienne dans une mise en œuvre houllebecquienne. Par son agencement formel – 7 courts romans à clés dont les 6 premiers trouvent leur complète résolution à la fin de La septième, le dernier et le plus long d’entre eux, en lui-même une tuerie –, 7 peut en effet faire songer à l’auteur de La Vie mode d’emploi ; on peut d’ailleurs voir dans Les Rouleaux de bois, second de ces récits, une tentative de transposition au domaine musical du Voyage d’hiver, merveilleux petit texte de Georges Perec. Par son souci de ne pas s’embarrasser d’effets de style, de placer constamment l’élégance de l’écriture au service de la progression de la narration, par ses phrases souvent courtes dont certaines résonnent comme des aphorismes, Garcia évoque non seulement ce dernier, mais surtout le style « blanc », à l’apparence atone, d’un Michel Houellebecq ; à l’auteur d’Extension du domaine de la lutte semblent également le rattacher un même intérêt pour le fantastique/la science-fiction, une même (fertile) tension intérieure entre le réaliste et le moraliste. Mais on pourrait aussi bien qualifier de nabokovienne l’ambition que l’auteur de 7 assigne à la littérature, celle en tout cas qu’énonce le narrateur de La Septième lorsqu’il parle d’« un idéal de construction du monde ».

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La peinture du dimanche #152 : Jacob van Ruisdael

25 octobre 2015 § Poster un commentaire

jacob Isaackszoon van Ruisdael, La Grande Forêt (huile sur toile, v. 1655-60).

+ Jacob_van_Ruisdael_

La peinture du dimanche #151 : Francis Picabia

18 octobre 2015 § Poster un commentaire

francis Picabia, Visage de femme aux boucles d’oreille rouges (huile sur carton, 1941-43).

+ Francis Picabia - Visage de femme aux boucles d'oreilles rouges -

La peinture du dimanche #150 : Sofonisba Anguissola

11 octobre 2015 § Poster un commentaire

sofonisba Anguissola, Autoportrait (huile sur bois, 1554).

Sofonisba Anguissola *oil on wood *19,5 x 14,5 cm *signed b.l.: Sophonisba Angussola Virgo seipsam fecit 1554

(Pour ce #150, hommage à la première femme de l’histoire de la peinture italienne a avoir joui d’une renommée internationale.)

Dominique A Day

9 octobre 2015 § Poster un commentaire

« Si nous nous croisons en Enfer, espérons qu’on l’ait mérité… »

La peinture du dimanche #149 : Wang-Ximeng

4 octobre 2015 § Poster un commentaire

wang-XimengMille li de rivières et montagnes , détail (rouleau portatif, encre et couleurs sur soie, 1113).

+ Wang_Ximeng_-_A_Thousand_Li_of_River_Bridge
(Le li (, lǐ) est une unité de mesure chinoise de distance qui a considérablement varié en valeur avec le temps, mais qui est dorénavant standardisée à l’équivalent de 500 mètres.)

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de octobre, 2015 à "What you give is yours, what you retain is lost forever." (Armenian proverb).

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