La peinture du dimanche #148 : Stanisław Masłowski

27 septembre 2015 § Poster un commentaire

stanisław Stefan Zygmunt Ludgard Masłowski, Lever de la lune (huile sur toile, 1884).

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La peinture du dimanche #147 : Jean-Michel Sanejouand

20 septembre 2015 § Poster un commentaire

jean-Michel Sanejouand, 5.2.79  (extrait de la série des Espaces-Peintures, acrylique et vinylique sur toile, 1979).

+ Jean-Michel Sanejouand espaces-pentures 79

Le mur du (vieux) çon #3 : L’ivre des sons

16 septembre 2015 § Poster un commentaire

 mouvement_78(La chronique ci-dessous a paru dans le numéro 78 juillet-août 2015 de la revue Mouvement.)

Composé entre 1979 et 1982, le cycle pour piano Das Buch der Klänge («  Le Livre des sons ») – la musique du film Notre musique de Godard – impose l’Allemand Hans Otte comme l’improbable chaînon manquant entre Paul Hindemith et Terry Riley. De jour en jour, ce recueil s’affirme comme un sommet de la littérature pianistique de l’après-guerre.

C’est l’un des fardeaux du métier de critique musical : être obligé d’écrire sur les disques « à chaud », au moment de leur sortie (et même, pour les plus branchés, avant celle-ci). D’accord, l’enthousiasme, l’ivresse de l’instant, consubstantiels à l’expérience musicale, sont parfois les meilleures armes pour parler d’un album. Mais pour combien d’autres le temps ne s’est-il révélé finalement le plus irremplaçable des alliés, qui permet de se familiariser sur la longueur avec une œuvre, d’observer comment peu à peu celle-ci prend place dans son quotidien, de découvrir aussi toutes ces autres musiques qui en forment le contexte, ou le paratexte ? Si j’étais sentencieux, je m’appesantirais sur la déshérence d’une presse assujettie au culte du marketing ; sur la manière dont le gimmick de la nouveauté permanente, à grands coups de superlatifs et de slogans définitifs (« le disque de l’année », « la révélation de la semaine », « un sommet de la littérature pianistique de l’après-guerre », etc.), tourne partout en rotation lourde, des colonnes de l’hebdomadaire le plus trash à celles du webzine le plus branché (et vice-versa). Mais nul besoin de s’appesantir, puisque c’est d’impondérable qu’il est ici question.

OtteEt plus particulièrement de ce CD publié en 1999 par ECM que j’avais à l’époque recensé (en lui attribuant la note superlative) dans le mensuel Classica, puis dans Octopus : Das Buch der Klänge, cycle pour piano de Hans Otte (1926-2007), dont cette première parution en CD(1) était le fait de l’admirable Herbert Henck. A l’époque, dans la chronique certes dithyrambique mais un rien impersonnelle (pour ne pas dire pédante) que j’en avais livrée, j’étais loin de soupçonner la place que ce disque, et cette œuvre, allaient en venir à occuper dans ma vie. Œuvre il est vrai éminemment difficile à décrire – est-ce un hasard si Jean-Luc Godard l’a choisie pour en faire la bande-son de Notre musique ? –, signée d’un compositeur dont j’ignorais tout avant d’ouvrir ce « Livre des sons ». Né en Silésie (dans l’actuelle Pologne) et enrôlé de force durant la guerre, élève du pianiste Walter Gieseking et du compositeur Paul Hindemith, représentants de la grande tradition allemande, formé outre-Rhin, mais aussi à Sienne et à Yale, Hans Otte fut moins connu de son vivant comme artiste (son catalogue compte pourtant une centaine d’opus, dont de nombreuses installations sonores) que comme « producteur » et programmateur. Directeur artistique de la Radio de Brême de 1959 à 1984, il initia notamment la biennale pro musica nova, dans le cadre de laquelle il allait se faire l’un des principaux passeurs de la musique des minimalistes américains, de John Cage à Terry Riley, en passant par David Tudor et La Monte Young (tout en payant par ailleurs son tribut à la toute-puissante avant-garde adorno-sérielle de l’époque).

C’est précisément la force singulière de ce Buch der Klänge que de se situer au confluent de ces influences : la tradition européenne d’une part – ces merveilleuses harmonies héritières, au moins autant que de Schubert ou Chopin, des plus riches heures de la musique française (Debussy, Ravel, Satie), entrecroisant le majeur et le mineur pour pousser la tonalité dans ses retranchements les plus troublants –, la modernité américaine de l’autre – ces structures répétitives, ce jeu gourmand avec le spectre sonore, ces accords et ces échos qui, magnifiant toute la palette sonore de l’instrument, semblent faire des ronds dans le silence. Douze chapitres sans titres, formant un cycle de près de 80 minutes de musique d’une rare complétude, transportent l’auditeur à travers une hypnotique succession de paysages sonores à la fois hiératiques et fluides. Alternant des mouvements rapides avec des successions de plages plus statiques, ils semblent couler de source tout en procédant d’une architecture rigoureuse – le chapitre VI central étant une pure ligne mélodique que seuls animent les jeux de pédales et de résonance.

Das Buch der Klänge est une œuvre mystique, invitation à rechercher à travers les sons, et en soi-même, « le secret de toute vie », ainsi que l’écrit Hans Otte dans sa dédicace. C’est plus encore une œuvre magique, par les richesses inépuisables qu’elle laisse filtrer à chaque écoute, faisant de l’auditeur « le partenaire du son et du silence ». C’est, enfin, une œuvre unique, profondément personnelle en dépit de la variété de ses influences. « On avait l’impression qu’il avait toujours joué cette œuvre, ce qui, naturellement, était la vérité », écrivait Tom Johnson dans le Village Voice à l’issue de la création de la partition à Metz, en 1982. Plus le temps passe, et plus je reviens fréquemment à ce Livre, comme si je l’avais toujours écouté.

David Sanson

1. Un premier enregistrement discographique avait paru en vinyle en 1984, interprété par le compositeur lui-même, chez Kuckuck, obscur label new age allemand. Celestial Harmonies l’a réédité à l’occasion des 80 ans de Hans Otte sous forme d’un double CD regroupant son Stundenbach (« Livre d’heures ») et la pièce Face-à-Face. Le pianiste néerlandais Ralph van Raat en a également gravé en 2011 une belle lecture pour Naxos.

La peinture du dimanche #146 : Kitty Kielland

13 septembre 2015 § Poster un commentaire

kitty Lange Kielland, Nuit d’été (huile sur toile, 1886).

+ Kitty_Kielland_-_Summer_Night_-_Google_Art_Project

La peinture du dimanche #145 : Pieter Brueghel l’Ancien

6 septembre 2015 § Poster un commentaire

pieter Brueghel l’Ancien, Les Proverbes flamands (huile sur panneau de bois, 1559).

+ pieter.brueghel.l...ancien..les.proverbes.flamands.-1559-

(Les Proverbes flamands, « appelé ou sous-titré Le Monde renversé ou encore La Huque bleue (…) illustre environ 120 proverbes ou dictons », comme le rappelle une page Wikipedia sur laquelle on peut trouver également la légende de ceux-ci ; légende par ailleurs fournie au visiteur de la sublime Gemäldegalerie de Berlin, où ce tableau est exposé.)

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de septembre, 2015 à "What you give is yours, what you retain is lost forever." (Armenian proverb).

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