La peinture du dimanche #127 : Balthus

26 avril 2015 § Poster un commentaire

balthasar Kłossowski (de Rola), dit Balthus, Montecalvello (huile sur toile, 1979).

+ Balthus montecalvello-1979

 


La peinture du dimanche #126 : Carlo Carrà

18 avril 2015 § Poster un commentaire

carlo Carrà, Maison abandonnée (huile sur toile, 1930).

+ Carlo Carrà Maison abandonnée 1930

 


Oren Ambarchi en grande forme

13 avril 2015 § Poster un commentaire

(En attendant de pouvoir poursuivre la mise en ligne de mes archives, voire écrire de nouveaux article, je publie ce texte qui est ma première contribution à la revue de danse Ballroom : une petite méditation sur le dernier album d’Oren Ambarchi, l’un des rares disques de « rock » parus en 2014, avec l’excellent Work de Silo, qui m’ait spontanément donné envie d’écrire à son sujet.)

Le culotté Quixotism, nouvel opus d’Oren Ambarchi paru fin 2014, porte bien son titre : c’est en effet en Don Quichotte que le musicien australien s’attaque aujourd’hui, entouré de quelques invités de marque, à la « grande forme ». Et livre un poème symphonique de l’ère digitale, qui sonne comme une invitation aux chorégraphes.

Cela commence par un martèlement sourd d’abord inaudible, comme le tambour lointain d’un lave-linge en pleine transe qui se rappellerait lentement à votre mémoire. Ou un moulin à vent en folie. Charriant dans son ombre un maelstrom de sons, Ambarchi Quixotismfrottements, feedbacks fantomatiques, stridences de guitare et volutes de piano, quelques notes éparses de basse, et des masses orchestrales lourdes et mouvantes comme des nuages d’orage. Il faut presque cinq minutes avant que la musique ne parvienne vraiment à sortir du silence, que ce martèlement n’arrive au premier plan, et avec lui cette pulsation obsédante qui ne va s’arrêter que 55 minutes plus tard. Entre-temps, on aura entendu le maelstrom, le bruissement instrumental s’épandre et se métamorphoser durant près d’un quart d’heure, puis perdu toute notion du temps en se laissant entraîner à travers une théorie d’horizons variés : de dancefloors minimalistes en dépressions atmosphériques, du Gange au Niger, et de Morton Feldman à Thomas Brinkmann – arpentant un univers où les dissonances (ces accords de piano savants et étranges) semblent d’abord vouloir venir diffracter un spectre harmonique qui mérite ici bien son nom –, on aura sans bouger voyagé d’un bout à l’autre du globe (l’album a été enregistré entre Cologne, Reykjavik, Melbourne, Seattle, Londres, Los Angeles et Tokyo !). Quixotic, c’est d’abord une transe quasi psychotique, aux prises avec un rythme souverain, impérieux, implacable – comme l’était déjà Sagittarian Domain, le précédent opus solo d’Oren Ambarchi, un unique morceau de 33 minutes sous haute influence « krautrock ». Une transe qui appelle la danse, et qui fait rêver à ce que différents chorégraphes épris de musique pourraient en tirer : Anne Teresa de Keersmaeker, William Forsythe, Maud Le Pladec, ou encore la Meg Stuart du sublime Violet – autre étourdissante montée chamanique à base de pulsations répétitives.

Oren Ambarchi n’est pas le premier musicien « électronique » ou « rock » (dans son cas, les guillemets s’imposent toujours dès qu’il s’agit de frontières stylistiques : de même lorsqu’on hésite à le qualifier de « guitariste ») à oser la grande forme. L’électronique justement, dès les années 1970 outre-Rhin, a été le prétexte à de grandes fresques, le plus souvent atmosphériques, « ambient ». Des fresques circonscrites déjà, à l’époque, au format d’un disque 33 tours, simple, voire (n’ayons pas peur de l’emphase) double. Car le disque, l’album, il faut le rappeler, c’est l’« œuvre » de tous ces musiciens qui n’ont pas l’envie (ni souvent, de toute façon, les moyens) d’écrire la musique, elle remplace dans le domaine des « musiques actuelles » cette partition qui est le sésame pour appartenir à la catégorie, plus noble (ne serait-ce que parce que l’on en parle au singulier) quoique tout aussi actuelle, de la musique contemporaine. On n’hésite d’ailleurs pas à employer le mot « opus » pour désigner la nouvelle production d’un musicien pop (alors qu’on parle rarement d’« albums » au sujet des musiciens classiques, c’est beauf)… Le format CD a même ensuite permis d’allonger la durée des disques. Pas toujours pour le meilleur, si l’on songe à tous ces albums-pensums produits depuis lors, instaurant en norme une quantité de musique qui, en équivalent vinyle, correspondait à un format – le double album – auquel les musiciens d’antan ne recouraient qu’à titre exceptionnel. Mais au moins peut-on écouter un disque d’un bout à l’autre sans avoir à changer de face… Il n’est pas plus mal que Quixotism ait d’abord paru (fin octobre) au format digital et CD, et il est presque étrange de le voir aujourd’hui édité en vinyle – hormis pour mettre en valeur sa belle pochette.

Oren Ambarchi n’est pas le premier, certes, mais il n’est pas non plus le moins ambitieux. Et le terme « œuvre » ne semble pas usurpé pour aborder ce disque qui n’est pas seulement formé d’une longue place étale ouverte à plus ou moins de variations (harmoniques, sonores), comme nombre de réussite de l’ambient et de la drone-music. La trame de Quixotism est bien sûr linéaire : le motif principal est ce martèlement qui sourd d’un début à l’autre de la pièce, magnifique pattern rythmique signé Thomas Brinkmann (un maître en la manière) dont Ambarchi déclare qu’il a en effet été à la base de son travail. Mais au fil de cette pulsation répétitive et de sa lente et inexorable progression (du tremblotement et du quasi silence aux montées les plus bassy, puis retour au silence), bien que le tempo en soit invariable, il a réussi à architecturer une succession de cinq parties très distinctes (correspondant à autant d’index du CD) qui, tantôt Lento, tantôt Sostenuto ou Cantabile, sont presque composés à la manière d’un poème symphonique.

A 45 ans, l’Australien est assurément un musicien caméléon (est-ce-le sens de la belle pochette en question ?). Né à Melbourne au sein d’une famille juive séfarade originaire d’Irak et formé dans une école orthodoxe de Brooklyn, batteur devenu guitariste parfois sans guitare, dont la discographie pléthorique, retrace les innombrables collaborations de Christian Fennesz à Keiji Haino, de Phill Niblock à Dave Grohl, d’Evan Parker à z’ev), Ambarchi est capable de jouer avec Sunn o))) comme d’interpréter une pièce d’Alvin Lucier sur la scène de l’Auditorium du Louvre, Iou de faire paraître, chez Tzadik, un disque hommage au fondateur et premier rabbin du mouvement Loubavitch, une branche du judaïsme hassidique…

Quixotism est ainsi un vrai disque cosmopolite. S’il s’agit d’un poème symphonique, alors c’est un poème de l’ère du home-studio, agençant des enregistrements recueillis à travers toute la planète, auprès de musiciens issus de toutes les sphères : Eyvind Kang, Jim O’Rourke, le pianiste John Tilbury, et même l’Orchestre Symphonique d’Islande dirigé par Ilan Volkov… on dirait le générique d’un album de David Sylvian. (La référence/révérence n’est ici nullement anodine : le 24 novembre dernier, le grand chanteur anglais a lui aussi fait paraître en CD une longue composition, There’s A Light That Enters Houses With No Other House In Sight, autour de la voix et des textes du poète américain Franz Wright : on y retrouve John Tilbury – et c’est une autre grande réussite musicale de la fin 2014.)

Le donquichottisme, nous confirme un anonyme dictionnaire en ligne, c’est l’« attitude de celui qui se plaît à soutenir des causes généreuses même dans des circonstances difficiles » : défenseur d’une musique exigeante, intelligente, mais surtout diablement sensuelle et enthousiasmante, affranchie des oeillères et du qu’en dira-t-on, musique qui fuit la facilité sans jamais être difficile, Oren Ambarchi n’a certainement pas choisi ce titre pour rien.

David Sanson

> Oren Ambarchi, Quixotism (Editions Mego)

> David Sylvian, There’s A Light That Enters Houses With No Other House In Sight (Samadhi Sound)

La peinture du dimanche #125 : Arkhip Kouïndji

12 avril 2015 § 1 commentaire

arkhip Ivanovitch Kouïndji, Bois de bouleaux (huile sur toile, 1879).

+ Arkhip Kouindji boulaie OK
(Difficile de choisir une œuvre dans l’étonnante production de ce peintre gréco-russe originaire des bords de la Mer Noire, qui fut membre du mouvement des Ambulants… J’ai choisi cette boulaie qui a étrangement l’air d’être un diptyque…)

 


La peinture du dimanche #124 : Lucian Freud

5 avril 2015 § Poster un commentaire

lucian Freud, Wasteground with Houses (huile sur toile, 1970-72).

Wasteground

 


Où suis-je ?

Vous consultez les archives de avril, 2015 à "What you give is yours, what you retain is lost forever." (Armenian proverb).

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