Jean-Claude Pirotte nous parle

 

« … Je ne me suis pas pressé, j’ai cultivé l’attente, satisfait de vivre dans la frivole inconséquence des temps, qui m’amusait. Le spectacle est partout, ville ou campagne, église ou bistro. J’ai préféré les bistros, en ces années profondes où le vin se montrait encore loyal, et aussi le cognac, dans les provinces que peuplaient avec un sérieux bienveillant les platanes. J’ai vieilli comme on prolonge une fête, quand les bonnes âmes sont au chaud, que les lampions pâlissent, et qu’une envie d’huîtres et de sancerre vous étreint telle une mélancolie future. Vaille que vaille, je me suis accommodé de mes vues un peu courtes, de mon nonchaloir natif, de mes insomnies débridées, de ma paresse, et du charme ambigu du souvenir. De bien d’autres choses encore, qu’il faudrait dire : les bornes étroites de mon talent, les revers de fortune et les infortunes de la passion… »

Jean-Claude Pirotte, in Un voyage en automne (La Table Ronde, 1996).

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