Retour de Bologne

17 janvier 2014 § Poster un commentaire

(où est reprise jusqu’au 23 janvier cette production déjà « historique » créée en 2011 au Théâtre de la Monnaie.)

« Face à Parsifal, j’ai oublié tout ce que je savais… J’ai fermé les yeux et j’ai écouté vingt fois, puis cent fois cette musique, cette chose. Puis j’ai dormi. J’ai refait tout le ‘Parsifal‘ dans un état d’amnésie du début à la fin… J’ai vu des choses. J’ai vu le visage, la face immense du Philosophe qui, plus que les autres, a considéré la musique comme une partie essentielle de la vie, et qui mieux que les autres a su aimer/haïr le Musicien. J’ai vu la danse d’un serpent albinos, comme la métaphore de sa musique (celle de Wagner) et j’ai vu que son venin pouvait devenir médecine. J’ai vu un grand bois, une forêt qui fondait comme neige au soleil. J’ai vu des hommes cachés dans le bois, non parce qu’ils sont chasseurs, mais parce qu’ils tremblent de peur… J’ai vu une chambre blanche, propre, et un magicien maléfique qui dirigeait la musique des émotions ; j’ai vu le nom terrible des poisons qui tuent l’homme. J’ai vu des femmes liées et suspendue en l’air comme des objets de pure contemplation spirituelle… J’ai vu une ville renversée. Et lui (Parsifal) cheminait encore, et le chemin était sa prière… Je n’ai vu aucun calice, aucune lance sacrée, aucun faux Moyen Âge. Je n’ai pas vu le sang d’une race. Je n’ai vu aucun homme nouveau. Je n’ai vu ni peuple, ni communauté, mais une foule anonyme qui avançait, au milieu de laquelle je me trouvais aussi. Je n’ai pu voir aucune croix gammée, même dans les profondeurs ; pas plus qu’une croix chrétienne d’ailleurs… » (Romeo Castellucci)

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