Review Memories #17 : Musiccargo, ‘Hand in Hand’ (2009, Mouvement)

28 janvier 2014 § Poster un commentaire

Cover MusiccargoAu lendemain de la sortie du (très beau, et beaucoup plus planant) nouvel album de Musiccargo – Harmonie, paru le 30 septembre 2013 sur Emotional Response –, j’ai eu envie de ressortir cette chronique de leur précédent et premier LP, Hand in Hand, publiée à l’époque dans Mouvement. LP par lequel ce duo « intergénérationnel » de Düsseldorf, parmi toute la relève krautrock qui sévit depuis maintenant une décennie, s’affirmait comme une entité singulière, et singulièrement pertinente.
Je me rappelle très bien comment j’ai découvert Musiccargo. C’était à l’été 2009 au Bar 25, établissement déjà culte de Berlin-Friedrichshain, avec mes amis du groupe That Summer, durant l’enregistrement de notre album Near Miss, à l’heure de la première bière d’après-studio. Il n’y avait pas que le soleil et le murmure de la Spree qui contribuaient à rendre l’atmosphère paradisiaque ; il y avait aussi le DJ, qui, entre un morceau de Neu! et un Broadcast période Tender Buttons, passa justement un titre de Musiccargo. C’était, ainsi qu’il me l’apprit, l’excellentissime Ernte 05 (voir ci-dessous).
Je me rappelle aussi que j’ai été un peu vert lorsque, moi qui étais persuadé d’avoir enfin réussi à trouver un groupe que personne ne connaissait ici, à Paris, je lus, quelques jours avant la parution du numéro de Mouvement, une chronique de cet album dans Chronicart. Heureusement qu’elle était signée Julien Bécourt – un gage de qualité.


MUSICCARGO – Hand in Hand
(Amontillado Music)

Les années 2000 auront consacré ce que l’on savait déjà, sans vraiment oser y croire : le « rock » est un éternel recommencement. Aujourd’hui que tout enjeu de rébellion a été soit évacué, soit récupéré, que tout ou presque a déjà été essayé, il ne lui reste plus qu’à faire comme la mode : remettre au goût du jour des idées du passé. C’est ainsi que l’on n’en finit plus de voir fleurir les groupes « copies carbone », rejouant ici et maintenant, à l’attention d’un public trop jeune pour avoir pu goûter à l’original, les musiques des décennies précédentes, à peine actualisées (le plus souvent au niveau des rythmiques, et au moyen des compresseurs). A première écoute, on pourrait penser ainsi que MusicCargo est au krautrock ce que The Pains Of Being Pure At Heart est à l’axe Smiths/Sarah Records. Hand In Hand, premier album succédant à une poignée de EP, est en effet une suite de longues chevauchées métronomiques et minimales dans le plus pur style des meilleurs morceaux de Neu! Pourtant, ce disque s’avère éminemment entêtant, et addictif. Cela tient sans doute à la  complémentarité des musiciens de ce duo de Düsseldorf, ville qui fut justement l’un des berceaux de ce space-rock allemand : l’un, Gerhard Michel (guitare, bribes de voix), a étudié la musique avec Klaus Dinger (fondateur des groupes Neu! et LA Düsseldorf) ; l’autre, Gordon Pohl (électronique) vient de la scène club. A eux deux, ils conjuguent l’esprit et la lettre d’une musique qu’ils réactualisent en la dépouillant, en la pervertissant subtilement, accentuant son côté hypnotique. Leurs morceaux se déroulent comme une autoroute sans fin, à une allure endiablée mais régulière (le tube One Way Ticket, Das Herz, Tiefengrund). Parfois, on s’arrête sur une aire (la très « völkisch » rengaine Tage Voller Sonnenschein), d’autre fois, dans un paysage industriel (la guitare répétitive et sombre de Der Schmetterling, qui fait penser à l’électro-rock radical des Danois de Silo). A l’arrivée, Hand In Hand, c’est le carbone sans la copie, et en somme tout ce que devrait être le rock : à la fois nostalgique et moderne.

(David Sanson)

La peinture du dimanche #62 : Carlo Saraceni

26 janvier 2014 § Poster un commentaire

carlo Saraceni, Paysage avec Salmacis et Hermaphrodite  (huile sur panneau de cuivre, 1608).

+ Saraceni


A propos de Robert Ashley

20 janvier 2014 § Poster un commentaire

Le 73e épisode de l’excellente émission Cheval Radio animée par Nicolas Jorio est consacré au grand compositeur américain Robert Ashley. On peut le réécouter ici.

cheval73

La peinture du dimanche #61 : Camille Corot

19 janvier 2014 § Poster un commentaire

camille Corot, Un chemin montant (huile sur papier sur toile, v. 1830-33).

+ Corot-a-rising-path


Retour de Bologne

17 janvier 2014 § Poster un commentaire

(où est reprise jusqu’au 23 janvier cette production déjà « historique » créée en 2011 au Théâtre de la Monnaie.)

« Face à Parsifal, j’ai oublié tout ce que je savais… J’ai fermé les yeux et j’ai écouté vingt fois, puis cent fois cette musique, cette chose. Puis j’ai dormi. J’ai refait tout le ‘Parsifal‘ dans un état d’amnésie du début à la fin… J’ai vu des choses. J’ai vu le visage, la face immense du Philosophe qui, plus que les autres, a considéré la musique comme une partie essentielle de la vie, et qui mieux que les autres a su aimer/haïr le Musicien. J’ai vu la danse d’un serpent albinos, comme la métaphore de sa musique (celle de Wagner) et j’ai vu que son venin pouvait devenir médecine. J’ai vu un grand bois, une forêt qui fondait comme neige au soleil. J’ai vu des hommes cachés dans le bois, non parce qu’ils sont chasseurs, mais parce qu’ils tremblent de peur… J’ai vu une chambre blanche, propre, et un magicien maléfique qui dirigeait la musique des émotions ; j’ai vu le nom terrible des poisons qui tuent l’homme. J’ai vu des femmes liées et suspendue en l’air comme des objets de pure contemplation spirituelle… J’ai vu une ville renversée. Et lui (Parsifal) cheminait encore, et le chemin était sa prière… Je n’ai vu aucun calice, aucune lance sacrée, aucun faux Moyen Âge. Je n’ai pas vu le sang d’une race. Je n’ai vu aucun homme nouveau. Je n’ai vu ni peuple, ni communauté, mais une foule anonyme qui avançait, au milieu de laquelle je me trouvais aussi. Je n’ai pu voir aucune croix gammée, même dans les profondeurs ; pas plus qu’une croix chrétienne d’ailleurs… » (Romeo Castellucci)

Kraut of the blue

14 janvier 2014 § Poster un commentaire

Oncle incarné

13 janvier 2014 § 2 Commentaires

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de janvier, 2014 à "What you give is yours, what you retain is lost forever." (Armenian proverb).

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