Review Memories #15 : Tamia, ‘Les Chants de la terre’ (1999, Octopus)

Cover TamiaDepuis cet album publié en 1999, on reste sans nouvelles discographiques de Tamia Valmont, chanteuse (née en 1947) fameuse notamment pour sa collaboration avec Pierre Favre dans les années 1980. Et on ne trouve pas le moindre extrait de ce disque à écouter sur YouTube, hormis le remix ci-dessous signé Amon Tobin… Ne reste donc plus qu’à retourner à un CD qui, avec le temps, n’a rien perdu de sa magie – et qui, aurais-je pu écrire dans cette chronique publiée à l’époque dans Octopus, rapprochent les expérimentations vocales de son auteure de certaines grandes réussites du label ECM, celles par exemple (je sais, je me répète) d’une Meredith Monk ou d’un Stephan Micus.

TAMIA – Les Chants de la terre/Earth Songs (Philips)

Le parcours de Tamia Valmont (« Tamia pour la chanteuse, Valmont pour la compositrice » : c’est ainsi que la musicienne décrypte ce nom par ailleurs inventé) a été d’emblée placé sous le signe de l’improvisation. C’est en effet en autodidacte qu’elle a peu à peu investi, il y a plus de vingt ans, les scènes les plus diverses du monde entier, avec pour seule arme une voix puissante, et pour seule certitude celle-ci, acquise lors d’un voyage en Afrique : « Je sais seulement que ma vie sera dans le chant. » Improvisées également les rencontres avec les musiciens qui l’ont soutenue, le plus souvent issus du jazz (Portal, ou encore Garbarek, qui lui ouvrit les portes du label ECM, où Tamia a enregistré deux disques d’improvisations avec le percussionniste Pierre Favre), mais également de la musique savante (Takemitsu, Mitroutsikos). « Depuis, j’ai compris que le micro est presque aussi important que la voix », ajoute la musicienne, qui a entre-temps entrepris d’étudier à la fois le chant et la composition. Le micro est en effet le véritable fil conducteur du travail de « polyphonie en solitaire » auquel Tamia s’adonne avec passion. De ce travail, fondé sur la pratique du « re-recording » qui lui permet de juxtaposer en studio les pistes de voix pour parvenir à un effet choral, l’album Les Chants de la Terre nous fournit un aperçu plus que convaincant. Ces dix compositions, dont certaines ont fait l’objet de commandes d’Etat, sont l’occasion pour Tamia de démontrer, en prenant appui sur un instrumentarium à dominante percussive et extra-européenne – water percussions, mvet, rebec… en dehors des synthétiseurs et de la guitare –, l’étendue de ses impressionnantes capacités vocales et, accessoirement, compositionnelles. Voyage pas tout à fait en solitaire à travers une succession d’atmosphères aussi diverses qu’envoûtantes, des harmonies européennes et éthérées des Alizés aux incantations de Shando, Les Chants de la terre est d’autant plus recommandable qu’il fait partie de ces disques qui, tout en reflétant un parcours propre, redonnent toute sa noblesse à l’expression « musique du monde ». Notons que la parution de l’album a été suivie de près par celle d’un maxi proposant d’intéressants remixes de quatre morceaux, de la main notamment d’Amon Tobin.

(David Sanson)

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