La peinture du dimanche #49 : James Abbott McNeill Whistler

27 octobre 2013 § Poster un commentaire

james Abbott McNeill Whistler, Nocturne: Blue and Silver – Chelsea (huile sur bois, 1871).

Nocturne: Blue and Silver - Chelsea 1871 by James Abbott McNeill Whistler 1834-1903

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Review Memories #12 : Marc Copland, ‘Time Within Time’ (2005, Mouvement)

21 octobre 2013 § 1 commentaire

Cover CoplandTout simplement l’un des CD de piano solo que je réécoute le plus régulièrement depuis sa parution il y a 8 ans : l’œuvre de l’un des grands coloristes du jazz d’aujourd’hui. Architecturé autour d’un thème de Leonard Bernstein – Some Other Time, jadis repris par Bill Evans –, ce disque dit beaucoup de choses avec peu de notes, enseigne l’art de la retenue, de la dilatation du temps : Time Within Time est un pur moment de poésie, que j’avais chroniqué pour le site de Mouvement naguère… mais dont on ne trouve malheureusement nulle trace sur YouTube ! Amis de la poésie…

MARC COPLAND – Time Within Time (Hatology/Harmonia Mundi)

Time Within Time, « le temps à l’intérieur du temps ». Le titre du nouvel opus solo du pianiste Marc Copland est éloquent à maints égards. Eloquent, d’une part, quant au parcours d’un artiste qui a toujours entretenu avec le temps une saine et stimulante attitude, que l’on pourrait résumer ainsi : prendre son temps, ne jamais le perdre. Après avoir joliment entamé une carrière de saxophoniste au cours des années 1970, Copland, n’écoutant que son cœur, abandonne définitivement son instrument d’origine pour se consacrer, durant de longues années, à la pratique du piano ; il attendra la fin des années 1980 pour faire paraître ses premiers disques, et depuis lors, il a multiplié les collaborations, publiant jusqu’à trois ou quatre albums par an sur divers label, avec des musiciens aussi talentueux que le guitariste John Abercrombie, le bassiste Gary Peacock (fidèle de Keith Jarrett) ou le trompettiste Kenny Wheeler. Ce patient apprentissage, doublé d’une activité frénétique, l’a imposé comme l’un des grands coloristes du piano contemporain – on a fréquemment cité à son sujet l’immense Paul Bley, et même… Claude Debussy.

D’autre part, Time Within Time est un titre qui en dit long sur le propos d’un musicien qui demeure avant tout un poète : son premier album en solo, publié en 2001 sur le label Sketch, ne s’intitulait-il pas Poetic Motion ? Il s’agit ici, pour Copland, de dilater le temps pour le rendre lui-même éloquent. De faire se confondre les époques, d’abord, par l’alternance de compositions personnelles et de « standards » de Leonard Bernstein, Wayne Shorter (magnifique Footprints), John Lewis, Miles Davis et Don Sebeski. Ensuite, de brouiller les repères de l’auditeur tout en guidant son écoute. Comme il l’avait déjà fait avec My Favourite Things pour l’album Haunted Heart, Copland utilise ici le principe de la réitération d’un standard – en l’occurrence Some Other Time, extrait du On The Town de Leonard Bernstein (jadis repris par Bill Evans sur Waltz for Debby) – pour opérer au sein de l’album des divisions thématiques, comme savaient le faire autrefois, dit-il, les deux faces des disques vinyles. Ouvrant et refermant le disque, Some Other Time est ainsi joué à quatre reprises (en do majeur, en bémol majeur, en sol majeur, puis de nouveau en do majeur), et rien que cela, cette manière magistrale dont Copland parvient, par sa transposition, à faire varier l’interprétation et l’atmosphère du morceau, et avec elles la tonalité du disque, constitue une raison suffisante d’écouter celui-ci. Mais il y a plus que cette démonstration de virtuosité (qui n’a rien d’un exercice de style) : la magie qui naît de l’enchaînement des morceaux ainsi répartis en « chapitres », la manière dont ceux-ci s’enchaînent comme (sur)naturellement, semblant découler logiquement les uns des autres, fait apparaître un pianiste qui excelle autant dans l’art de la narration (du poème en prose) que dans celui de l’atmosphère, de la sensation. Son toucher est d’une douceur souveraine, qui entraîne irrésistiblement l’auditeur sans jamais le brusquer, au fil d’un fascinant voyage – à travers le temps, donc, ou plutôt hors de lui.

Lorsque Some Other Time résonne pour la dernière fois, charriant des dissonances comme d’ultimes éclats, on n’a qu’une seule envie : remettre au début ce disque de la couleur et de la confusion, dont l’écoute semble s’écouler ailleurs, effaçant tout repère, comme ces cieux, aux flamboiements merveilleux et éphémères, dont on ne sait plus s’ils sont du crépuscule ou bien de l’aube. Le lyrisme de Marc Copland est un art de la retenue – l’art de retenir ses sentiments comme on retient le temps, pour mieux le faire durer.

(David Sanson)

La peinture du dimanche #48 : Neo Rauch

20 octobre 2013 § Poster un commentaire

neo Rauch, Espion (huile sur toile, 2002).

+ Neo Rauch

Roma, sguardi #1 : Divisions de la joie

18 octobre 2013 § Poster un commentaire

Joie primaire de remplir son frigo avec des produits et des logos nouveaux, des contenants inconnus, des contenus incertains.

Joie de se sentir étranger, de ne pas maîtriser les codes qui pourraient permettre de décrypter les situations qui, dans son pays d’origine, pourraient l’agacer, quand elles ne le révulseraient pas carrément. De se laisser porter par la seule musique de la langue, comme une mer harmonieuse d’où émergeraient par moments des mots naufragés comme autant de visages connus, de ne plus l’entendre, cette langue, comme un simple instrument rejouant la triste partition des rapports de classe, la litanie de la séduction et de la vanité, les refrains usés de la manipulation et de la fatuité, ces airs, aussi sournois que les attaques de clones accordéonistes dans les rames de métro parisien, qui ne sont qu’invitations à la misanthropie. De ne plus guère – considérant dorénavant chaque chose sous l’angle de l’exotisme – se sentir ni blessé par la grossièreté du monde – ou est-ce sa vulgarité ? – ni jugé par ses semblables, prêt désormais à éprouver une grandeur jusqu’ici latente (« C’est une façon commode de vivre que de se croire grand d’une grandeur latente », Italo Svevo). De savoir ne plus comprendre, de ne plus savoir ; de se refaire comme une virginité.

Et une cure de beauté.

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La peinture du dimanche #47 : Charles Burchfield

13 octobre 2013 § Poster un commentaire

charles Burchfield, February Thaw (aquarelle, v. 1920).

+ Charles_Burchfield
(Un peintre américain découvert lors de la récente exposition Hopper à Paris…)

‘Myself when I’m real’

11 octobre 2013 § Poster un commentaire

La peinture du dimanche #46 : Wols

6 octobre 2013 § Poster un commentaire

Alfred Otto Wolfgang Schulze, dit Wols, L’Inaccessible Rocher (aquarelle et encre de chine sur papier, 1940).

+ Wols-L inaccessible rocher

Où suis-je ?

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