Weerasethakul

9 avril 2013 § Poster un commentaire

Enfin revu Syndromes and a Century, le film par lequel j’ai découvert en 2007 le cinéma du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Plaisir de constater que le choc ressenti à l’époque – le sentiment de découvrir une personnalité artistique, une ambition cinématographique telles qu’il en apparaît rarement, et l’un des premiers authentiques chefs-d’œuvre de ce nouveau millénaire – n’a en rien perdu de sa puissance (il s’est d’ailleurs reproduit à la découverte de ses autres longs-métrages, Tropical Malady, Blissfully Yours, en attendant Oncle Boonmee). Ce film est aussi facile à vivre (pour peu que l’on s’y abandonne) qu’il est difficile à commenter, du moins en quelques lignes. Je pourrais pour ce faire renvoyer au dossier réalisé par Franck Marguin, Thierry Jousse et moi-même dans le numéro 51 de Mouvement ; ou, aussi bien, copier/coller ce résumé figurant en légende d’une page YouTube : « Syndromes and a Century explore la manière dont nous nous souvenons ; comment notre corde sensible peut être touchée par des choses insignifiantes. C’est un film en deux parties qui se font parfois écho entre elles. Les deux personnages principaux sont inspirés des parents du réalisateur, dans les années précédant leur relation amoureuse. La première partie s’intéresse à une femme médecin, et se situe dans un environnement rappelant celui dans lequel le cinéaste est né et a grandi. La deuxième partie s’intéresse à un homme, médecin lui aussi, est se déroule dans un environnement plus contemporain proche du monde dans lequel nous vivons. » Pour être exact, ce résume ne rend pourtant qu’incomplètement compte de la puissance qui émane de ce film, de la teneur de l’expérience que constitue sa vision. Cinéma à la fois outrageusement sensuel et éminemment impondérable, démesurément organique et aussi impalpable que cette étoffe dont sont faits nos rêves. Perfection de la composition de chaque plan – cadrage, photographie, durée. Majesté de la nature, beauté de ces paysages qui envahissent tout l’espace, virtuosité des mouvements de caméra, des déroutants changements de registres et de plans (qu’il s’agisse de l’image ou du son). Humour, humanité, harmonie. Magiques serait sûrement l’adjectif le mieux à même de définir ces 105 minutes d’un bonheur aussi pur que subtil, aussi dépaysant qu’euphorisant.

 

PS : Je constate en visionnant la bande-annonce que (même si la musique utilisée pour celle-ci n’est en définitive pas présente dans le film) deux de mes films préférés des années 2000 – Syndromes and a Century, donc, et Mysterious Skin de Gregg Araki – affectionnent le rock shoegaze !

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