La cuisse de Proserpine (Bernin views)

28 avril 2013 § Poster un commentaire

Bernin

Hadès enlevant Proserpine (alias Perséphone), vu par le Bernin (1622).

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La peinture du dimanche #23 : Augustus Egg

28 avril 2013 § Poster un commentaire

augustus Egg, Past & Present (No. 1 – Misfortune) (huile sur toile, 1858).

Past and Present, No. 1 1858 by Augustus Leopold Egg 1816-1863

‘Pygmalion’, album modèle

26 avril 2013 § 4 Commentaires

Je crois bien n’avoir jamais eu l’occasion d’évoquer dans une chronique l’album Pygmalion de Slowdive ; tout simplement parce qu’en 1995, année de sa sortie, je n’écrivais pas encore sur la musique. Ce CD, que j’avais perdu, ce dont j’ai profité pour racheter la version rééditée en 2010 par Cherry Red, proposant en bonus un second disque de « démos » – un jour, il faudra écrire quelque chose sur cette tendance actuelle, chez les groupes rock plus ou moins cultes, à exhumer leurs maquettes, comme cela était depuis longtemps l’usage dans le jazz : est-ce le signe que ces disques, ou ces groupes, ont atteint le statut de « classiques » ? c’est en tout cas une pratique souvent des plus instructive, aussi bien pour le fan, le critique, que pour le musicien –, est revenu ces jours-ci squatter ma platine, comme toujours avec insistance, renforçant à chaque nouvelle écoute ma conviction toute personnelle qu’il s’agit bien là d’un des 10 meilleurs disques rock des années 1990 (1). Et de l’une des meilleures incarnations de cette vague psychédélique britannique qui, d’A.R. Kane à Seefeel, s’est déployée dans le sillage du shoegazing et en parallèle de l’essor des musiques électroniques. Pur produit de studio (en attestent les démos, 12 compositions plutôt quelconques, et dont seuls quelques rares éléments – un sample, un son, deux titres (et encore, méconnaissables – voir Miranda) – subsistent dans la version finale du disque ; c’est d’ailleurs aussi pourquoi il importe d’écouter cette musique autrement que dans une version mp3 médiocre, sur un système hi-fi correct), gorgé d’effets en tout genre, Pygmalion est tout bonnement l’un des albums les plus lysergiques de ma discothèque. C’est aussi le chant du cygne d’un groupe qui fait aujourd’hui l’objet d’un fervent retour en grâce, après avoir été victime à l’époque – entre autres – de la versatilité de la presse britannique.

Né à Reading (Berkshire) à la fin des années 1980 autour du couple formé par Rachel Goswell et Neil Halstead, très tôt porté aux nues par le NME et consorts (sorti sur Creation, leur single Catch The Breeze atteint la première place des charts indépendants en 1991, année où le groupe tourne aux Etats-Unis en première partie de Blur), intronisé fer de lance de la vague ironiquement baptisée shoegaze, Slowdive sera en effet tout aussi vite cloué au pilori en même temps que ladite vague se trouvait balayée par les suivantes – le grunge et la britpop principalement. C’est ainsi dans un climat chaotique que Slowdive aborde, courant 1994, l’enregistrement de son troisième album : le bassiste Nick Chaplin et le guitariste Christian Savill ont déserté le navire, las des problèmes de drogue de Neil Halstead ainsi que de son penchant de plus en plus prononcé pour une musique électronique alors en plein essor (en témoigne le très électronique EP 5, paru à l’automne 1993), et c’est donc pratiquement en solo, avec parfois la voix de Rachel Goswell et quelques motifs rythmiques de Ian McCutcheon, que le cofondateur de Slowdive va réaliser ce Pygmalion (qu’il aurait donc pu baptiser plutôt Galatea). Publié en février 1995, le disque vaudra au groupe d’être viré par Creation – qui venait de toucher le jackpot avec le premier album d’Oasis, et escomptait un album bien plus formaté –… une semaine après sa sortie.

On a parfois pu dslowdive-pygmalionire de Pygmalion qu’il avait été délibérément conçu par Halstead comme un ultime bras d’honneur à un label avec lequel les relations n’avaient cessé de se détériorer. Toujours est-il que ce disque, qui suffit à distinguer le groupe du tout-venant des épigones de My Bloody Valentine au rang desquels on l’avait hâtivement rangé, apparaît comme le successeur logique de Souvlaki : un album sur lequel s’éployaient de premières ambitions atmosphériques, et des velléités expérimentales qui culminaient sur deux morceaux réalisés en collaborations avec Brian Eno – à l’origine sollicité par le groupe pour produire tout le disque – au terme d’une session studio que Halstead décrivit plus tard comme « l’une des expériences narcotiques les plus surréelles de [s]a vie ».

Car Pygmalion est bel et bien un disque ambient. S’il ne contient aucun morceau instrumental, il ne comporte guère davantage de véritables « chansons » au sens traditionnel, couplet/refrain du terme (hormis l’emblématique Blue Skied an’ Clear, qui donna jadis son titre à une excellente compilation hommage publiée par Morr Music, et ces deux folk-songs quasi traditionnelles (on dirait presque du Current 93) que sont Visions of La et All of Us). Lents, dilatés et hypnotiques, aussi répétitifs que ce mouvement de balancier d’une pendule auquel font bien souvent songer les scansions de la batterie, les morceaux, sur lesquels planent (c’est le mot qui convient) la voix traînante de Neil Halstead et les chœurs éthérés (là encore, c’est le mot) de sa compagne, se développent généralement suivant des structures simples : quatre accords de guitare descendants (Rutti), un unique arpège (Miranda)… Trellisaze consiste en un unique accord de guitare et un gimmick de quatre notes de piano : tout le reste n’est qu’ornementation… Ainsi la force de ces compositions fragiles, qui distordent à l’extrême le format « pop », tient-elle tout entière au travail de production, et aux partis pris radicaux adoptés pour celui-ci. Chaque élément instrumental, chaque piste semblent en effet avoir été passés à travers une myriade d’effets (reverb, delay, écho…), traitements électroniques exagérés, presque baroques, qui s’étirent à n’en plus finir, passant même par moments au premier plan, jusqu’à constituer la trame principale des chansons (la fin de Trellisaze !) : l’effet, le phénomène sonore cultivé pour lui-même, et même poussé à bout, voilà ce qui forme la véritable dramaturgie de ces neufs longs morceaux cotonneux et linéaires au fil desquels l’oreille, constamment fascinée, va de surprise en surprise (voir par exemple la soudaine augmentation du volume sonore au détour de Crazy For You).

Mais le plus admirable, c’est surtout la manière dont le travail de mixage et d’égalisation parvient à articuler ces différents plans sonores, et dont toutes ces pistes s’imbriquent pour former au final une espèce de voile diaphane, une trame impondérable : la sobriété à laquelle aboutit cette débauche d’effets conjugués, la légèreté presque impalpable que parvient toujours à garder ce magmatique empilement de textures vibratiles ; ces batteries soyeuses, caressantes, ces basses – souvent au premier plan – rondes et polies, ces guitares qui parfois se déchaînent dans le fond, ces voix démultipliées et archiréverbérées, ces panoramiques majestueux… Pygmalion est un disque à la fois calme et extrême, dépouillé et foisonnant, éminemment apathique et furieusement intemporel. Une réussite que Neil Halstead, pas davantage en solo qu’à travers son projet Mojave 3, n’a, selon moi, jamais réussi à égaler par la suite.

1. A ranger tout près des derniers Talk Talk, du Loveless de My Bloody Valentine (dont il constitue comme la version minimaliste, le versant spleenétique) et du Hex de Bark Psychosis (le groupe au sujet duquel fut pour la première fois employé le terme de « post-rock ») ; tout près aussi, à la décennie précédente, de l’inépuisable, immarcescible Victorialand des Cocteau Twins, et, à la décennie suivante, du non moins précieux A Continual Search For Origins de Rothko.

Avec les pieds

25 avril 2013 § Poster un commentaire

Panos Ghikas, le bassiste/violoniste gréco-briton de mes très cher Chap (groupe de pop pataphysico-situationniste dont je continuerai à chanter les louanges tant qu’ils n’auront pas atteint ce succès populaire qu’ils méritent si amplement), par ailleurs compositeur de musique dite « contemporaine » (diplômé du Goldsmith College de Londres, il enseigne dans ce même établissement), m’informe de la première véritable parution de son label Migro Records, dévolu à la musique sérieuse, quoique parfois improvisée : Good Teeth est le fruit de sa rencontre (aux Ferienkurse de Darmstadt, il y a plus de dix ans) et de sa collaboration avec la compositrice britannique Jennifer Walshe (que l’on a pu voir ces derniers temps aux côtés de Tony Conrad).

Je n’ai pas encore écouté ce disque (on peut le faire ici), en tout cas, la vidéo ci-dessous, où l’on retrouve également Johannes von Weiszäcker, chanteur/guitariste des pataphysico-situationnistes susmentionnés, montre que Panos Ghikas, même lorsqu’il ne joue pas en short, ne perd rien de sa dextérité ! Ne pas hésiter à donner à cette publication l’écho qu’elle mérite (je ne suis pas sûr que Migro Records soit distribué en France)…

Panos Ghikas Jennifer Walshe Johannes von Weiszacker from Horseimprovclub on Vimeo.

Mesa de frades

24 avril 2013 § Poster un commentaire

(Scène extraite de La Religieuse portugaise, chef-d’œuvre d’Eugène Green.)

‘You’re so cool you turn Spring into Fall…’

22 avril 2013 § Poster un commentaire

« … mais l’amertume peut être bonne, notamment dans le Campari, ou d’autres apéritifs italiens et baroques. A cet égard, essayez le spritz, chouette cocktail vénitien : 1/3 Campari, 1/3 vin blanc, 1/3 d’eau gazeuse, plus une rondelle de citron. On peut parfaitement aimer l’amertume, en refusant l’aigreur. » (Gilles Tordjman)

 

La peinture du dimanche #22 : Fra Angelico

21 avril 2013 § Poster un commentaire

guido di Pietro, dit Fra Angelico, Thébaïde (tempera sur bois, v. 1418-1420).

Angelico_Tebaide

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de avril, 2013 à "What you give is yours, what you retain is lost forever." (Armenian proverb).

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