Trames du silence
11 juin 2013 § Un commentaire
J’aurais aimé avoir le temps d’écrire une chronique de The Weighing Of The Heart, le nouvel album de Colleen (paru chez Second Language), successeur très attendu de ce chef-d’œuvre que fut, en 2007, Les Ondes silencieuses – très attendu et, encore mieux, très réussi ; j’y aurais notamment souligné combien le parcours de Cécile Schott, la musicienne qui se cache derrière cet alias, me fait aujourd’hui songer – et c’est un immense compliment – à celui de Stephan Micus, admirable vétéran du vénérable label ECM, par cette manière notamment de s’approprier, à chaque projet discographique, un nouvel instrument(arium) – en l’occurrence, la voix – pour agrandir les frontières de ce qu’il faut bien appeler un folklore imaginaire ; avec quelle sensibilité et quelle sagacité rares Colleen parvient à mixer les temps et les continents… Mais le temps manque, comme toujours. Il me faut donc me contenter de poster un lien permettant d’écouter l’intégralité de ce Weighing Of The Heart, et surtout de rappeler que Colleen fera ce jeudi 13 juin son grand retour sur les scènes parisiennes, invitée du 13e volet de « mon » cycle « Alterminimalismes ».
En première partie de soirée, le compositeur et pianiste Robert Piéchaud, dont il a déjà été question ici, mettra en regard Palais de Mari, ultime partition pour piano seul de Morton Feldman (1986), évocation quasi silencieuse d’un mythique palais mésopotamien, et la création d’une pièce de sa composition, Still, inspirée par la merveilleuse Spiral Jetty de Robert Smithson. À bons entendeurs…
Stephan, Mathieu, Pierre, Bastien et les autres
12 décembre 2012 § Poster un commentaire
à l’approche de Noël, c’est la saison des concerts gratuits à Paris. Ce jeudi soir, Stephan Mathieu et Rhys Chatham jouent dans le cadre de la soirée proposée par Dominique Blais au Wanderlust, Quai d’Austerlitz. Et mardi 18 décembre prochain, Pierre Bastien présente, au Théâtre Berthelot de Montreuil, son nouveau projet, avec Steve Argüelles et Bruno Xavier Ferro Da Silva : Playing with the Dead…
Arvo P., Franz S.
15 novembre 2012 § Poster un commentaire
C’est ce samedi que le compositeur estonien Arvo Pärt sera l’invité du Festival des Heures du Collège des Bernardins, à Paris : en préambule à la présentation, par Vox Clamantis, de son Kanon Pokajanen et à la création mondiale d’une courte pièce, Habitare fratres in unum, j’aurai le plaisir d’animer une brève discussion avec lui. Ce concert sera suivi d’une séance de dédicaces – un nouveau CD, Adam’s Lament, vient de paraître chez ECM.
J’en profite pour remercier tous ceux qui se sont jusqu’à présent fait l’écho du livre sur Arvo Pärt que j’ai récemment traduit et préfacé pour Actes Sud : sur France Musique, Arnaud Merlin (dans les Lundis de la musique contemporaine, le 22 octobre), Christophe Bourseiller (dans sa Matinale du vendredi 9 novembre, écouter le podcast à partir de 18’57") et Lionel Esparza (dont je suis l’invitél’invité du Magazine, tout à l’heure à 12h35 !) ; et sur Radio Classique, Laure Mezan, qui m’a ouvert les portes de son Journal du classique le 9 novembre encore (même si j’ai dit 2 bêtises durant l’entretien, que je vous invite à dépister ici).
J’en profite également pour signaler que parmi le très beau programme du Festival des Heures se cache notamment un petit bijou : RUHE, un spectacle du grand comédien flamand Josse de Pauw, mêlant les lieder de Schubert (par le Collegium Vocale de Gand) et des témoignages de SS recueillis dans les années 1960. J’ai entendu le plus grand bien de ce spectacle rare, qui avait été présenté à Paris dans le cadre du Festival d’Automne 2007, et qui sera donné à deux reprises ce samedi après-midi…
‘Il y a toujours un autre. Ou deux. Ou trois…’
6 novembre 2012 § Poster un commentaire
Inspiré par la littérature d’Hélène Bessette, Emmanuel Lagarrigue expose à la galerie Sultana, rue des Arquebusiers, dans le Marais, jusqu’au 17 novembre.
Animal Collective Vs Johnny Clegg
17 juillet 2009 § Un commentaire

C’est drôle, les générations et les sensibilités musicales… En assistant au superbe concert (mon premier) d’Animal Collective ce soir, à la Cigale, j’ai pensé à plusieurs références fort peu musicalement correctes par les temps qui courent… et en en parlant plus tard avec des amis, j’ai été étonné de retrouver dans leur bouche les mêmes noms : oui, je l’avoue, même si j’avoue aussi que je n’ai jamais aimé le moins du monde ce musicien (pas plus que je ne l’écouté, il s’agit donc d’un a priori), j’ai très vite songé à JOHNNY CLEGG en écoutant ces alliages de rythmes africains et de lignes vocales très mélodiques, avec des arrangements électroniques ; ce côté ethnique parfois proche de la transe m’a également fait songer à DEAD CAN DANCE, quand les passages les plus électro m’ont parfois rappelé mes chouchous d’UNDERWORLD… (Mais tout cela, passé au filtre "nu-rave" (comme du "post-MGMT", pourrait-on dire), et surtout méthodiquement haché, déstructuré, même si le concert de ce soir était plutôt pop : c’est finalement une impression de totale liberté – vis-à-vis des us et coutumes de la scène pop comme des étiquettes et formats musicaux en général – que dégage le trio new-yorkais…)
Oui, c’est drôle, les références musicales, car ce ne sont vraiment pas ces noms auquel il viendrait l’idée à un chroniqueur branché (de ceux qui apprécient ce groupe cependant de plus en plus populaire) de faire référence, ni même ceux que moi-même je choisirais de faire figurer dans une chronique "sérieuse" (je préférerais citer des choses plus branchées donc, plus "crédibles").
Reste que sur ce concert, Animal Collective m’a impressionné, et que si je devais en retenir 4 choses, ce serait :
- l’importance de la musique africaine et des rythmes d’Afrique Noire dans cette musique, que je n’avais jamais réellement mesurée ;
- la beauté des jeux vocaux et des chants conjugués d’Avey Tare et Panda Bear ;
- la ferveur du public : je n’avais pas réalisé à quel point ce groupe était aujourd’hui populaire, ce qui est d’autant plus remarquable que sa musique, même si elle est moins déstructurée, reste tout aussi expérimentale qu’à ses débuts – la salle était comble et malgré la chaleur caniculaire, la fosse était déchaînée ;
- la beauté de la scénographie, à la fois un peu cheap et très travaillée, joliment psychédélique…
Et puis une cinquième, tout de même, sur le chemin du retour (je suis parti avant les rappels), l’orage qui avait en quelques minutes dévasté les trottoirs du boulevard, cartes postales de la Butte Montmartre jonchant pêle-mêle le trottoir déjà recouvert d’eau, poubelles dérivant au milieu de la chaussée, arbres coupés…




