About

Ceci est la page personnelle de David Sanson.

§ Une Réponse à About

  • REMY dit :

    La Cinémathèque de la Danse et le Centre National de la Danse présentent : Carte blanche à Meredith Monk, Le lundi 7 juin à 19h30 au Jeu de Paume, 1 place de la Concorde Paris 8ème. En présence de Meredith Monk. Sera projeté Inner Voice, film de Babeth Van Loo. Cet événement a lieu en résonance avec le Festival June Events, à la Cartoucherie, produit par l’Atelier de Paris – Carolyn Carlson où sera donné au Théâtre de l’Aquarium Girlchild revisited de Meredith Monk les 1er et 2 juin à 21h (www.juneevents.com)

    Comment un geste de danse peut-il se convertir en mouvements de voix ? C’est l’un des problèmes essentiels de la grande chanteuse-danseuse Meredith Monk. Elle parle de “voix dansante”.
    Si la danse naît d’un “corps de sensations”, selon l’expression de Paul Cézanne, interne à un corps physique, négociant avec lui, tout change sur scène. Nous ne sommes plus au théâtre. Tout, dans la perspective de la danse, devient sensation : costume de sensation, lumière de sensations, scénographies de sensations et voix. La voix comprise dans le champs de la danse n’appartient plus au théâtre, à l’opéra traditionnel. C’est la logique du mouvement.

    Un mouvement peut se convertir en voix et la voix s’étire, d’accents nouveaux en accents nouveaux. Entre 1962 et 1964, à la Judson Church, Meredith Monk s’est produite aux côtés d’Yvonne Rainer et de Trisha Brown. Le mouvement continu et les petits gestes propagèrent certaines de leurs forces vers la voix de Monk ; petits gestes qui se transformèrent en chuchotements, cris, sanglots, chant diphonique ; mouvement continu qui porta la voix à de longues extensions. Dans le très beau film de Jacqueline Caux, écrit par Daniel Caux, Les couleurs du prisme (2009), Meredith Monk dit : “J’ai eu une sorte de révélation : la voix peut être comme le corps. J’ai trouvé toutes sortes de façons de mettre en mouvement ma voix.”

    Chanter n’est pas danser : mais la danse touchant une voix peut participer à son devenir sonore par hiatus. Le geste se fond dans un son. Et ces multitudes de hiatus sont chez Monk les germes des syncopes qui emportent et scandent le flux vocal. Meredith déploie un paysage vocal. Les sons venus des gestes sont la motricité de la voix qui passe entre les étoiles. C’est un voyage soutenu, continu, presque sans bivouac. Cap au cosmos. A partir de la voix Monk, il se construit un nouvel espace scénique, un nouvel opéra où sons, lumières, mouvements, costumes, scénographie vibrent de sensation et se tiennent ensemble.

    Deux champs de sensations, deux grands novateurs de l’opéra moderne, deux Opéra-monde, à notre époque : Bob Wilson (qui a débuté chez Monk) et Meredith Monk.

    Cordialement

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